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Paupière   |   Solo
 

création 2007
 
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À partir de la sculpture monumentale « l’Araignée »
de Louise Bourgeois

Thème : la vue
Création pour le festival « La danse de tous les sens » de Chorège


Cette araignée géante, je me rappelle l’avoir observée longtemps. Être passée entre ses pattes, m’être laissée saisir par la bête sous son thorax.


Les Nouvelles de Falaise – Vendredi 11 mai 2007

« Dans un espace presque trop intime, un cocon rouge, une forme inhumaine fait place. Se mouvant sous cette structure tentaculaire, les yeux clos, une femme retient l’attention. Elle s’anime peu à peu, par gestes saccadés. Comme si elle irradiait l’espace scénique de sa présence, son corps insecte tient le spectateur en haleine. L’animal se fait femme… »

Danse : Sophie Lamarche Damoure
Musique : Henrick Gorecki par le Kronos Quartet
Décor / costume : Sophie Lamarche Damoure
Lumière : Nicolas Girault
Regard extérieur : Anne Foucher et Coralie Banchereau
Crédit photos : Virginie Meigné
Vidéo : Alban Van Wassenhove

Durée : 43 min


  dossier complet.pdf

  fiche technique.pdf

Paupière close,
A l’affût,
D’une couleur rouge orangée,
témoin d’une présence.
Derrière, en retrait,
L’orangé rouge côtoie le plus rien.
Derrière,
deux masses rondes
recouvertes,
lasses de voir,
permettent d’entrevoir,
de l’intérieur,
l’arrière des pommettes,
de la bouche,
de la gorge,
du tube digestif.
Plus loin, le bassin.
Ces deux masses rondes,
Inertes
mais sensibles
alors se logent dans ce bas,
centre du corps, stable et sécurisant.
Seul repère dans le noir.
L’autre, peau,
l’enveloppe chair oriente.
Capteur sensoriel,
de l’espace,
du rayonnement,
de la chaleur
renvoyée par la lumière.

S.L.D.

Cette sculpture monumentale de Louise Bourgeois m’est apparue comme une évidence pour ce projet. Ses œuvres découvertes au musée d’Art moderne de Paris, 15 ans auparavant m’ont touchées physiquement et questionnées.

L’ Araignée de Louise Bourgeois

Cette araignée géante, je me rappelle l’avoir observée longtemps. Être passée entre ces pattes, m’être laissée saisir par la bête sous son thorax. La forme de l’objet, sa taille monumentale, sa matière (en fer) et le choix de l’animal créent une sensation d’emprisonnement, d’oppression et à la fois de protection.
Étrange cabane sur le moment ?
Et si cette bête existait ? Frêle, perchée et presque sans poids, elle semble cependant toute puissante par sa large assise, sa grandeur et ses huit pattes. Elle trouble.

Liens avec Paupière

La forme et le souvenir de cette rencontre me donne une direction de travail pour investir ce corps de femme – insecte – arachnéen sans yeux pour voir. Certaines araignées sont pratiquement aveugles et ne perçoivent que des vibrations et des ondes.

L’espace et la musique

L’installation plastique pose volontairement un lieu imaginaire, anachronique et une dimension fantastique. Elle est la continuité d’un travail commencé en 1996, intitulé « les cocons » (structures en fer recouverte de tarlatane) mis en scène par la lumière dans des boîtes noires.
Ici pour la scénographie de Paupière, l’objet surdimensionné est posé dans l’espace de danse encore une fois réduit comme souvent dans mon travail.
La composition musicale contemporaine pour instruments à cordes d’Henryk Gorecki interprétée par le Kronos Quartet et retravaillée par Nicolas Giraud renforce cette dimension fantastique.


Presse

Les Nouvelles de Falaise – Vendredi 11 mai 2007

« Dans un espace presque trop intime, un cocon rouge, une forme inhumaine fait place. Se mouvant sous cette structure tentaculaire, les yeux clos, une femme retient l’attention. Elle s’anime peu à peu, par gestes saccadés. Comme si elle irradiait l’espace scénique de sa présence, l'animal se fait femme, son corps insecte tient le spectateur en haleine. Les spectateurs en sont sortie pour la plupart conquis et touchés… Les plus connaisseurs de son travail annonçant déjà un tournant dans l’œuvre de cette artiste confirmée…»